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1 — De Montanus à Saint-Montan
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Reconnue comme la première hérésie chrétienne, le montanisme connut une expansion fulgurante dès le IIème siècle. Son fondateur, le moine Montanus (ou Montan), prêtre phrygien de Cibèle, converti au christianisme vers 172, se veut la voix du Saint-Esprit apportant le message complémentaire à l’Evangile pour préparer à la fin du monde.
D’une morale rigoriste, Montan prônait notamment la pénitence, et l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce dernier point illustré par Maximilla et Priscilla, deux femmes qui prophétisèrent à ses côtés et furent parmi ses meilleures missionnaires.
Tertullien était considéré comme le premier grand théologien et moraliste chrétien. Sa biographie, mal connue, est sans doute due au fait qu’il était très discret sur ses idées. A peu près vers 195, il se convertit au christianisme. Puis, vers 207, il se convertit au montanisme.
Il a été un des tout premiers écrivains à rédiger ses textes en Latin. Il était très admiré par Cyprien entre autres. Plus connu pour être un des plus grands théologiens de l’Occident, et était décrit comme étant brillant, sarcastique, et intolérant. Nul ne sait comment il a pu réussir à passer au travers de nombreuses vagues de persécutions.
Son livre Apologétique tente de prouver l’injustice contre les chrétiens. Ses autres ouvrages portent essentiellement sur la « règle de foi » (regula fidei), c’est-à-dire sur une description approfondie des dogmes.
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11 — L’origine du montanisme
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111 — L’hérésie et la gnose
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L’hérésie est une opinion contraire au dogme.

C’est souvent, au départ, la défense véhémente et exclusive d’un point partiel de la Révélation, développant ce point au détriment de l’équilibre de la foi.
De nombreuses hérésies sont empreintes de gnosticisme, une pensée religieuse pré-chrétienne qui s’est particulièrement bien adaptée au christianisme parce qu’elle est dualiste et syncrétiste.

La gnose (d’un mot grec signifiant connaissance) est une philosophie syncrétiste proposant à ses initiés une voie vers le salut par la connaissance de certaines vérités cachées sur Dieu, le monde et l’homme. Dans ces théories, l’homme est un être divin, qui par suite d’un événement tragique, est tombé sur terre d’où il peut se relever pour retourner à son état premier par la Révélation.
Dès les temps apostoliques, l’Eglise s’opposa à la gnose pour les raisons suivantes : bien que reconnaissant le Christ comme porteur de la Révélation, elle en niait la réalité historique (docétisme) ; elle niait la création comme œuvre de Dieu lui-même et refusait l’Ancien Testament ; elle évacuait l’attente chrétienne de l’accomplissement eschatologique…


Le gnostique considère qu’il est un être purement spirituel injustement précipité dans un monde matériel dominé par le mal (dualisme). Dieu lui même n’aurait rien à voir avec cette création mauvaise mais aurait lui même été affaibli, appauvri en entrant en contact avec le monde mauvais. C’est la connaissance du divin (mystérieuse et accessible par initiations successives) qui peut lui permettre peu à peu de se libérer de son emprise terrestre.

Connaître, c’est donc être sauvé, et peu y parviendront. Le gnosticisme intègre le Christ dans sa doctrine comme une émanation divine venu nous apprendre à nous libérer de la matière par la connaissance (et nie l’Incarnation du Christ). On retrouvera donc souvent chez les gnostiques des enseignements « secrets » du Christ.

La gnose va pénétrer très tôt certains milieux chrétiens puisqu’elle était déjà présente dans le judaïsme hétérodoxe.
La gnose remet en cause la compréhension du message évangélique et va être une menace intérieure très sérieuse pour le christianisme du IIème siècle.

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112 — Le Paraclet
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Les disciples du Christ n’ont commencé à développer leur réflexion sur le Saint Esprit qu’après la « Pentecôte ». Cette fête, dans le Judaïsme, commémore cinquante jours après la Pâques, l’Alliance du Sinaï entre l’Eternel et Israël (Ex. XIX-XXIV) : Alliance conclue dans les secousses sismiques de l’orage, la foudre, le feu, la fumée, les nuages, le vent et la tempête...
La nouvelle Pentecôte est, elle-aussi, quoique de manière plus intimiste, plus « intérieure », accompagnée de vent violent, de feu (Ac. II, 1-3), voire de secousses sismiques (Ac. IV, 31) qui ne concernent plus la montagne mais des personnes, les Apôtres... S’y ajoute la capacité d’être compris par les fidèles de toutes les langues ; cela suggère l’universalité du « message chrétien » et son prosélytisme adaptatif. C’est probablement référé aussi à une tradition rabbinique concernant la théophanie Sinaïtique (cardinal Daniélou). Pierre interprète l’événement comme une réalisation des prophéties de Joël (Jl. III, 1-5) : « Je répandrai mon esprit sur toute chair (...). Je produirai des signes dans le ciel et sur la terre, sang, feu, colonnes de fumée ! ».
Le Saint-Esprit est aussi nommé « Paraclet ».
Ce terme désigne celui qui est appelé auprès d’un autre, notamment un accusé, pour l’assister et le défendre : c’est un avocat, un consolateur, un intercesseur.
Après la rédaction par Clément Romain de l’Evangile selon Luc et des Actes des Apôtres, l’Evangile johannite est récrit en y incorporant des éléments repris à Marc et en attribuant à Jésus la plupart des faits et gestes de Jean. Ce dernier n’est plus que l’annonciateur de Jésus, qui est assimilé à la fois au Christ et au Logos (lequel « s’est fait chair » ), et c’est Jésus qui annonce le Paraclet.
Mais, du coup, alors que, dans l’une des versions antérieures, le Paraclet pouvait être considéré comme étant Jésus — ce qui paraît également ressortir de la première épître de Jean (laquelle est peut-être effectivement, avec quelques interpolations ultérieures, de Jean l’Apôtre ou le Théologue) — dans la version du IVe Evangile, tel qu’il fut récrit dans le courant du lIe siècle, le Paraclet était évidemment distinct de Jésus, puisque c’est désormais ce dernier qui l’annonçait comme devant venir encore après lui.
    Pareilles doctrines étaient, pour la Grande Eglise de Rome, évidemment hérétiques. Le texte de Jean, remanié sans doute au moins en partie par Clément, fit annoncer par Jésus la venue du Paraclet, et celle-ci n’avait pas encore eu lieu. Telle fut désormais la doctrine officielle du christianisme romain.
Montan restait attaché à l’Eglise et aux Ecritures, mais sa prétention à incarner la seule véritable Eglise de l’Esprit l’amena à prétendre être le Paraclet venu compléter la révélation du Christ.
Cette affirmation, comme son prophétisme incontrôlé, amenèrent une vive réaction de l’épiscopat, qui eut pour conséquence la séparation de Montan et de ses partisans d’avec l’Eglise.
Il fut condamné à Rome après quelques hésitations, par Zéphyrin, vers l’an 200, sur la base semble-t-il de ses prophéties non réalisées (Montan annonçait que la Jérusalem céleste allait descendre du ciel à Pépuza, en Phrygie), mais la foi montaniste continua à s’étendre. L’hérésie se développa en Phrygie et gagna rapidement l’Italie et la Gaule.
En Afrique, au troisième siècle, elle entraîna Tertullien, un père de l’église. La secte qui survécut plusieurs siècles, n’avait pas encore entièrement disparu au neuvième siècle.

Pépuza La ville antique de Pepouza, berceau du montanisme, a été retrouvée en 2001 près de la ville d’Usak (prononcez : OUCHAK), dans la région égéenne de la Turquie.
La ville antique découverte dans la commune de Karahalli, près de la ville d’Usak a été identifiée comme étant Pepouza. M. Kazim Akbiyikoglu, conservateur du musée d’Usak a fait savoir qu’il y a deux mille ans, Pepouza était un haut lieu de pélérinage rivalisant avec Ephèse. Cette découverte mit également fin aux recherches qu’effectuaient les historiens depuis près d’un siècle quant à la situation géographique de la ville.
Au terme de trois années de fouilles, les archéologues ont retrouvé également, des inscriptions évoquant les rapports qu’entretenait cette ville avec la ville voisine de Tymion. Une équipe d’archéologues turcs, allemands et américains a pu déchiffrer une inscription sur marbre justifiant les impôts :
« Vous êtes obligés de payer vos impôts. Ils ne sont pas lourds » disait l’empereur Septime Sévère (193-211), en s’adressant aux pépousiens.
 Les autorités locales pensent que cette nouvelle ville antique prendra très prochainement la place qu’elle mérite dans le cadre du tourisme religieux. « Lors des recherches sur la superficie, nous avons retrouvé une tombe royale romaine, des passages souterrains et un temple ornés de motifs de la croix » a déclaré M. Akbiyikoglu, directeur du musée. Pepouza aurait été fondée en 165. Berceau du montanisme, elle était devenue un haut lieu de pélérinage pour les premiers chrétiens de l’Asie mineure.
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113 — La Jérusalem céleste selon Maximilla et Priscilla
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Montan annonça que la descente sur Terre de la Jérusalem céleste, prédite dans l’Apocalypse johannite, et la fin du monde étaient proches. En conséquence, il exhortait les foules à tout quitter pour le suivre… et nombreux furent ceux qui le firent. Plusieurs femmes quittèrent leurs maris, notamment Maximilla et Priscilla, qui devinrent les plus ferventes de ses adeptes et se mirent à prophétiser à leur tour, à l’instar des quatre filles de Philippe, dont les montanistes connaissaient l’Evangile (Saint Irénée : Adversus hœreses, III, III, 1-2.). Pour Montan, en effet, il pouvait encore y avoir des révélations divines et rien ne s’opposait à ce que les femmes, comme les hommes, soient aptes à en recevoir et à les communiquer. Maximilla et Priscilla prophétisèrent ainsi que ce serait à Pepuzza, que débuterait le règne millénaire du Christ. Aussi des montanistes rebaptisèrent-ils ce lieu Jérusalem et en firent-ils une ville de pèlerinage et de culte.
Les montanistes rejetaient la hiérarchie ecclésiale au profit de prophètes issus du peuple chrétien. Ils pratiquaient une morale rigoureuse et croyaient en l’intervention permanente du Saint-Esprit. Marc Aurèle confondait cette hérésie avec le christianisme.
Certains éléments de la foi sont exacerbés au détriment des autres. On recommande le martyre, on interdit les nourritures juteuses (!), les secondes noces, on se méfie du mariage, on n’admet pas à la réconciliation ceux qui sont tombés et on recommande des jeûnes prolongés.
Le mouvement se développe, a une hiérarchie, tient des synodes et se maintiendra jusqu’au IXème siècle.
Malgré l’hostilité de l’église, le montanisme, dans sa dimension de charisme prophétique, eut un grand impact en Asie, à Rome et en Afrique, notamment à Carthage où il comptera Tertullien parmi ses membres les plus éminents, puis se répandra jusqu’en Gaule à Vienne et Lyon, où Blandine (Martyr en 177) est probablement l’une de ses représentantes française (Gauloise) les plus connues.
(Dictionnaire de spiritualité, montanisme page 1675, Beauchesne, 1980)

« Il parlait des langues étrangères… les églises de Lyon et de Vienne écrivirent en faveur des doctrines montanistes ».
(Dictionnaire d’histoire ecclésiastique, Beroud Genève page 602, édition 1884)
Le problème, en ce qui concerne Montan et quelques autres (convulsionnaires jansénistes, camisards, ou pentecôtistes de l’U.R.S.S. où le parler en langues était soigné comme une maladie psychiatrique), est qu’on ne sait du montanisme que ce que ses détracteurs en disent.
Montan, en réaction contre le formalisme et l’humanisme grandissant dans l’Eglise, au détriment de l’influence du Saint Esprit, soutenait qu’il était inspiré directement par le Saint-Esprit, lui ainsi que ses deux prophétesses. Le montanisme était l’équivalent des mouvements pentecôtistes.
L’Eglise officielle condamne le montanisme au concile de Constantinople en 381. A ce moment, c’est toute une organisation parallèle à l’Eglise officielle qui est mise en place ...
Tertullien finira montaniste, preuve de l’influence immense de ces doctrines.
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114 — Tertullien
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En latin Quintus Septimius Florens Tertullianus. Apologiste chrétien, Père de l’Église.
(Carthage, vers 155 — id., vers 220).
Tertullien (env. 155-225) fut adepte du montanisme, ce qui le sépara de l’Eglise. C’était un converti d’Afrique du Nord qui fut théoricien du Traducianisme et dont l’importance théologique fut grande : définition des termes de la Trinité, des rapports entre la nature divine et la nature humaine chez Jésus, affirmation de la résurrection de la chair...
Carthaginois de culture gréco-latine, il fut le premier écrivain latin de religion chrétienne. Il fut l’initiateur du vocabulaire théologique dans cette langue. On lui doit des œuvres polémiques (Contre les Nations, 197; Apologétique, 197, défense des chrétiens du point de vue juridique) et des traités de morale pratique (« Des spectacles », « Sur la toilette des femmes »).
Tertullien était considéré comme le premier grand théologien et moraliste chrétien. Sa biographie, mal connue, est sans doute due au fait qu’il était très discret sur ses idées. A peu près vers 195, il se convertit au christianisme. Puis, vers 207, il se convertit au montanisme.
Il a été un des tout premiers écrivains à rédiger ses textes en Latin. Il était très admiré par Cyprien entre autres. Plus connu pour être un des plus grands théologiens de l’Occident, et était décrit comme étant brillant, sarcastique, et intolérant. Nul ne sait comment il a pu réussir à passer au travers de nombreuses vagues de persécutions.
Son livre Apologétique tente de prouver l’injustice contre les chrétiens. Ses autres ouvrages portent essentiellement sur la « règle de foi » (regula fidei), c’est-à-dire sur une description approfondie des dogmes.
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115 — Saint Irénée, évêque de Lyon et martyr
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Les témoins des martyrs de Lyon immolés le 2 juin 177, émus du trouble que suscitait le mouvement prophétique montaniste, envoyèrent des lettres aux Eglises d’Asie et de Phrygie, et au pape Eleuthère. Ils demandèrent à Irénée d’être leur ambassadeur auprès du Pape.
[Saint Eleuthère, grec, originaire de Nicopolis en Epire, est le douzième successeur de saint Pierre (174-189). Selon Hégésippe, qui était à Rome pendant les années 160, il était diacre du pape Anicet. Agbard, aussi appelé Lucius, roi d’Edesse, lui écrivit pour demander à devenir chrétien, ce qu’il fit ultérieurement. En 177, lorsque le pape Eleuthère reçut la visite d’Irénée de Lyon, la Nouvelle Prophétie, qui avait débuté peu avant en Phrygie et faisait l’objet de discussions assidues. L’attitude du pape Eleuthère au sujet du montanisme est incertaine, mais il n’y vit manifestement pas un danger et ne se prononça pas sur ses prétentions prophétiques. Son règne (quinze ans et trois mois) fut paisible. Il mourut dans la dixième année de l’empereur Commode (180-192), soit en 189. Mentionné pour la première fois comme martyr dans le martyrologe d’Adon de Vienne, il est fêté le 26 mai.]

Irénée était muni de cette recommandation : « Nous avons chargé de te remettre cette lettre notre frère et compagnon, Irénée, et nous te prions de lui faire bon accueil, comme à un zélateur du testament du Christ. Si nous pensions que le rang crée la justice, nous le présenterions d’abord comme prêtre d’Eglise, car il est cela ». Le nom d’Irénée dérive du mot grec qui veut dire « paix ». Irénée recevait une mission de paix. Il serait toujours agent de liaison, d’union, de paix. A son retour, le vieil évêque Pothin était mort martyr, et Irénée fut élu pour lui succéder.
[Le vénérable évêque de Lyon, Pothin, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, avait dû être porté jusqu’au tribunal où, interrogé par le légat sur ce qu’était le Dieu des chrétiens, il répondait : « Tu le connaîtras, si tu en es digne ».
Cette réponse lui valut d’être accablé d’injures, de coups de pieds et de coups de pierres, puis il fut de nouveau jeté en prison où il rendit l’âme quarante-huit heures plus tard.]
Irénée, né à Smyrne aux alentours de 130-135 et évêque de Lyon à partir de 178, écrit son livre « Contre les Hérésies » dans la seconde moitié du IIe siècle. Dans sa jeunesse, il avait connu le saint Evêque Polycarpe.
Au prêtre Florinus qui était tombé dans l’hérésie gnostique, Irénée écrivit : « Je t’ai vu, quand j’étais encore enfant, dans l’Asie inférieure, auprès de Polycarpe ; tu avais une situation brillante à la cour impériale et tu cherchais à te faire bien voir de lui. Car j’ai meilleur souvenir de ces jours d’autrefois que des événenents récents. Ce que l’on a appris dès l’enfance, en effet, se développe en même temps que l’âme, en ne faisant qu’un avec elle. Si bien que je puis dire le lieu où s’asseyait pour nous entretenir le bienheureux Polycarpe, ses allées et venues, le caractère de sa vie et l’aspect de son corps, les discours qu’il tenait à la foule, et comment il racontait ses relations avec Jean, et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, et comment il rapportait leurs paroles, et ce qu’il tenait d’eux au sujet du Seigneur, de ses miracles, de son enseignement, en un mot comment Polycarpe avait reçu la tradition de ceux qui avaient vu de leurs yeux le Verbe de vie, il était dans tout ce qu’il rapportait d’accord avec les Ecritures. J’écoutais cela attentivement, par la faveur que Dieu a bien voulu me faire, et je le notais non sur du papier, mais en mon cœur, et, par la grâce de Dieu, je ne cesse de le ruminer fidèlement. Je puis témoigner devant Dieu que si le bienheureux vieillard, l’homme apostolique, avait entendu quelque chose de pareil (les doctrines gnostiques), il se serait récrié, il aurait bouché ses oreilles, il aurait dit comme à son ordinaire : O bon Dieu, pour quels temps m’as-tu réservé, faut-il que je supporte de telles choses ! et il aurait fui loin du lieu où, assis ou debout, il aurait entendu de pareils discours. »
L’esprit d’Irénée, formé à l’admiration « des témoins du Verbe de vie », avait donc reçu à un haut degré le culte de la tradition. On comprend que les nouveautés gnostiques aient trouvé en lui un adversaire décidé. La gnose (ce mot grec signifie science, connaissance) prétendait offrir à une élite des connaissances supérieures sur Dieu et l’univers.
Le passage difficile de l’infini au fini se faisait dans ce système grâce à des émanations d’êtres intermédiaires, les éons, dont les accouplements étranges faisaient revivre les théogonies mythologiques.

Saint-Irénée s’excusait de son mauvais style grec : « Nous vivons chez les Celtes, et dans notre action auprès d’eux, usons souvent de la langue barbare ». Mais le contact avec ces barbares, qui portaient, gravé dans leur cœur par l’esprit, le message du salut, était salutaire. Pour vaincre les novateurs, il suffisait presque de révéler leurs doctrines. L’emploi de l’ironie, à propos de tous ces enfantements d’éons, eût été facile. Mais Irénée cherchait surtout à convertir les gnostiques : « De toute notre âme, nous leur tendons la main, et nous ne nous lasserons pas de le faire ». En face des rêveries morbides de ses adversaires, comme sa théologie apparaît simple, saine et optimiste : « Le Verbe de Dieu, poussé par l’immense amour qu’il vous portait, s’est fait ce que nous sommes afin de nous faire ce qu’il est lui-même ».

Sans négliger la théologie rationnelle, Irénée a exposé avec bonheur l’argument de la tradition : « La tradition des apôtres est manifeste dans le monde entier : il n’y a qu’à la contempler dans toute église, pour quiconque veut voir la vérité. Nous pouvons énumérer les évêques qui ont été institués par les apôtres, et leurs successeurs jusqu’à nous : ils n’ont rien enseigné, rien connu qui ressemblât à ces folies. Car si les apôtres avaient connu des mystères cachés dont ils auraient instruit les parfaits, en dehors et à l’insu du reste (des chrétiens), c’est surtout à ceux auxquels ils confiaient les Églises qu’ils les auraient communiqués. Ils exigeaient la perfection absolue, irréprochable, de ceux qui leur succédaient et auxquels ils confiaient, à leur place, la charge d’enseigner... Il serait trop long... d’énumérer les successeurs des apôtres dans toutes les Églises ; nous ne nous occuperons que de la plus grande et la plus ancienne, connue de tous, de l’Église fondée et constituée à Rome par les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul ; nous montrerons que la tradition qu’elle tient des apôtres et la foi qu’elle a annoncée aux hommes sont parvenues jusqu’à nous, par des successions régulières d’évêques... C’est avec cette Église (romaine), en raison de l’autorité de son origine, que doit être d’accord toute Eglise, c’est-à-dire tous les fidèles venus de partout ; et c’est en elle que tous ces fidèles ont conservé la tradition apostolique ».

Irénée a écrit aussi un petit livre, « Démonstration de la prédication apostolique ». Il était perdu. On l’a découvert en 1904, dans une traduction arménienne. Dans la controverse sur la date de Pâques, Irénée penchait pour l’usage de l’Asie, qui fêtait la résurrection du Christ le dimanche, et non un autre jour. Mais il tenait aussi à sauvegarder la charité, la tolérance. Il essayait de retenir le pape Victor sur le point d’excommunier les dissidents. Il avait écrit : « Il n’y a pas de Dieu sans bonté ».

Est-il mort martyr ? Il y a dans ce sens une indication du martyrologe hiéronymien, une autre de saint Jérôme et une autre de saint Grégoire de Tours. Les anciens bollandistes (Tillemont, Ruinart) opinaient dans ce sens. Mais on ne peut rien affirmer. Saint Irénée, d’après saint Grégoire de Tours, fut enterré dans la crypte de la basilique Saint-Jean, sous l’autel. A cette basilique, succéda une église Saint-Irénée, qui a donné son nom à un quartier de Lyon (rive droite de la Saône, sud-ouest de l’ancienne cité). En 1562, les calvinistes dispersèrent les reliques du saint. Un antique calendrier de marbre, retrouvé à Naples, marque la passion d’Irénée au 27 juin.
Pacificateur, et alors qu’il était encore prêtre, Irénée a conduit une délégation auprès de l’évêque de Rome pour lui demander de ne pas se hâter de condamner les montanistes. Plus tard, il écrivit au pape Victor pour protester contre l’intention de l’évêque de Rome d’excommunier l’évêque d’Éphèse.
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116 — Le IIe siècle
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Ce siècle est celui de tous les dangers pour la jeune foi, qui doit lutter contre de multiples hérésies, dont le gnosticisme et le montanisme. Politiquement, la situation des chrétiens reste précaire dans l’Empire romain.
« S’il en est ainsi, ils sont vains, ignorants, et audacieux de surcroît, ceux qui rejettent la forme sous laquelle se présente l’Evangile et qui introduisent à l’encontre soit un plus grand, soit un plus petit nombre de figures d’Evangile que celles que nous avons dites, les uns pour avoir trouvé plus que la vérité, les autres pour rejeter les « économies » de Dieu ». Saint-Irénée dans son livre « Contre les Hérésies » dans la seconde moitié du IIe siècle. Il s’avère urgent de réagir : les gnostiques n’ont cessé de conquérir de nouvelles âmes et d’introduire le trouble au sein même du christianisme, grâce à leur vision élaborée et pessimiste du monde. Car le début de ce nouveau siècle est celui de tous les dangers pour la nouvelle foi qui vient de se séparer du judaïsme. Elle ne s’apparente pas encore à une vraie religion : le corpus de ses livres saints n’est pas constitué, la communauté chrétienne, dispersée après la chute de Jérusalem et la disparition de l’Eglise de Jacques, frère du Seigneur, n’a pas trouvé de structures solides, et toutes sortes de philosophies fleurissent, plus abracadabrantes les unes que les autres.
Au début du IIe siècle, la situation des chrétiens dans l’Empire romain est précaire. On commence à les distinguer des juifs. Ils ne tombent formellement sous l’interdiction d’aucune loi, mais ils subissent l’hostilité des populations dans lesquelles ils cherchent à s’implanter, tant juives que païennes. Quelques persécutions ont lieu çà et là. Les intellectuels grecs et romains n’affectionnent guère le christianisme, qu’ils considèrent comme une religion simple destinée à soulager de pauvres gens. Pourtant, la nouvelle foi rêve d’intégration, et s’emploie à détruire les préjugés qui l’entourent. On voit alors naître un genre littéraire nouveau : les apologies. Tout comme les premiers chrétiens avaient tenté de convaincre les juifs que la foi en Jésus était l’accomplissement des Ecritures, les chrétiens du début du IIe siècle essaient de prouver que le christianisme est « le couronnement de toute la quête inspirée menée par les philosophes grecs », écrit le professeur Etienne Trocmé dans sa contribution à l’Histoire des religions publiée dans la Pléiade. Une œuvre emblématique de cette tentative qui n’aboutira pas durant ce siècle : celle de Justin de Naplouse, appelé aussi Justin Martyr, un païen converti. Il ouvre une école à Rome en 150 et écrit deux Apologies ainsi qu’un Dialogue avec le Juif Tryphon. Le pouvoir romain l’élimine dans les années 160.
Le plaidoyer de Justin en faveur de l’intégration du christianisme à la société gréco-romaine n’eut pas l’heur de plaire à tout le monde. Les Romains se moquent d’une telle tentative, et certains chrétiens ne veulent pas entendre parler d’intégration, car ils estiment que le christianisme ne doit pas se compromettre avec ce monde. Ainsi les partisans du gnosticisme, une philosophie syncrétiste née à la fin du Ier siècle, et pleinement développée vers le milieu du IIe siècle. Sous l’influence du dualisme iranien, les diverses tendances gnostiques opposent généralement Yahvé, le Dieu des juifs, un ange mauvais qui a créé le monde d’ici-bas, à un Dieu bon et caché. Certains êtres humains ont la possibilité de connaître ce Dieu bon au moyen de la gnose, la connaissance surnaturelle qui révèle aux hommes détenteurs d’une étincelle divine d’où ils viennent et où ils vont.
Quand le christianisme devient Eglise
Une autre école inquiète les chrétiens « orthodoxes » : celle de Marcion, un homme originaire du Pont. Venu à Rome en 144. Après avoir tenté d’imposer ses idées à l’Eglise de Rome, il s’en sépare et fonde sa propre communauté.
Ce schisme très grave contribuera largement à la réaction des Eglises traditionnelles. Car les doctrines de Marcion ont connu un immense succès. La recette est relativement simple : Marcion renie la Bible hébraïque qui est en train de devenir l’Ancien Testament des chrétiens, ainsi que tout ce qui, dans les textes qui formeront bientôt le Nouveau Testament, se réfère de près ou de loin au judaïsme. Le système marcionite séduit par sa simplicité et ses écritures faciles d’accès car, à la façon des gnostiques, Marcion oppose le Dieu de la Loi à celui de l’Evangile.

Un autre ennemi apparaît aux alentours de 160 : Montan, qui prophétise en Phrygie (Asie mineure) un message apocalyptique et millénariste. Il rencontre également un grand succès : le montanisme réussit à pénétrer une majorité des Eglises de la région.

Face à ces dangers qui la rongent de l’intérieur, l’Eglise va réagir en se dotant enfin de théologiens dignes de ce nom, du canon des Ecritures et d’institutions solides. Les théologiens d’abord. La menace hérétique fait se lever une plume, celle d’Irénée de Lyon, qui a le mérite d’avoir le premier systématisé la foi chrétienne. Dans son livre « Contre les Hérésies », il décrit les divers mouvements gnostiques pour mieux développer la vraie pensée chrétienne. On le voit : il n’existait pas d’orthodoxie chrétienne avant les hérésies, mais la grande diversité de la pensée chrétienne a amené les Eglises à préciser le contenu de la foi. A Alexandrie, où le christianisme « va achever de faire son éducation grecque en même temps que l’hellénisme achèvera d’y faire son éducation chrétienne », comme l’écrit Jean Daniélou dans son livre L’Eglise des premiers temps (Seuil, coll. Points histoire, 1985), naît la première école de théologie fondée par Pantène. Son plus célèbre représentant au IIe siècle est Clément d’Alexandrie, un philosophe contemporain d’Irénée de Lyon. A son tour il réfute les hérésies : les vérités divines ne sont pas réservées à quelques-uns ; tout chrétien peut y accéder. La fin du IIe siècle voit la naissance d’un génial théologien qui sera le premier dogmaticien et qui donnera à l’exégèse sa méthode : Origène.

Le canon du Nouveau Testament ne commence à se former qu’à partir de la seconde moitié du IIe siècle. Le but des Eglises est de restituer la tradition et de remonter à l’autorité des apôtres. Dès lors, « toute tradition non apostolique va se trouver disqualifiée », écrit Etienne Trocmé. A la fin du IIe siècle, le canon commun à toutes les Eglises compte les quatre Evangiles, les Epîtres de Paul, la première Epître de Jean, la première Epître de Pierre, les Actes des Apôtres et l’Apocalypse. Certaines Eglises intègrent dans leur canon des textes que refusent d’autres. Le canon ne s’unifiera qu’au cours des siècles suivants.

Quant aux institutions, elles se renforcent considérablement au IIe siècle. La figure de l’évêque comme gardien de la doctrine et garant de l’unité s’impose partout progressivement. A la fin du IIe siècle, on reconnaît aux évêques de certaines villes importantes une prééminence sur une région entière. Ainsi en va-t-il pour les évêques de Rome, d’Alexandrie, d’Antioche, de Lyon et de Carthage. Pour communiquer entre elles, les Eglises, qui fonctionnent sur un mode congrégationaliste à l’opposé du centralisme romain d’aujourd’hui, convoquent des synodes. A l’époque, l’Eglise de Rome n’apparaît pas plus importante que ses sœurs d’Orient. Elle commence néanmoins à manœuvrer pour obtenir un plus grand pouvoir.

Ainsi paré, avec des structures, des théologiens brillants et un corpus d’Ecritures saintes, le christianisme est prêt à affronter le IIIe siècle et à engager une bataille serrée avec l’Empire romain.
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12 — Montan et l’Esprit Saint
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121 — Le montanisme et la Trinité
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Les disciples de Montan étaient de moeurs irréprochables et même rigoureuses, n’admettant pas le pardon des péchés graves après le baptême. Ils prônaient l’égalité entre les hommes et les femmes et prohibaient le remariage des veufs et des veuves.
Ces doctrines et ces pratiques ne pouvaient être acceptées par la Grande Eglise de Rome et ses adeptes, qui avaient déjà refusé celles de Cerdon et de Marcion. En 175 déjà, un synode d’évêques réunis à Hiérapolis condamna Montan, Maximilla et Priscilla.
Cela n’entrava pourtant qu’à peine la propagation du montanisme, et Tertullien lui-même, après avoir produit des écrits qui l’ont fait ranger parmi les Pères de l’Eglise, s’y convertira en 207. Cependant, du fait que le Paraclet s’était manifesté par l’intermédiaire de Montan, un homme, il fallut conclure qu’il n’était pas l’Esprit saint lui-même, lequel était distinct de lui, puisqu’il n’en était en somme que le porte parole.
Mais on ajouta qu’il était distinct aussi du Père et du Fils, et c’est ainsi que naquit le dogme de la Trinité que Tertullien énoncera pour la première fois de façon formelle dans son traité De Pudicitia :
« L’Eglise elle-même est, par principe, naturellement esprit et elle contient la trinité de la divinité unique, Père, Fils et Saint-Esprit... »
Ce dogme ne s’imposera d’ailleurs qu’avec quelque peine et il ne sera définitivement proclamé qu’en 381, au concile de Constantinople.
Le montanisme a donc eu, dans les débuts du christianisme, une influence considérable, puisqu’il a contribué à la naissance d’un de ses dogmes fondamentaux et que, grâce à l’idée, que de nouvelles révélations étaient encore possibles après celle de Jésus-Christ, il facilita la naissance d’hérésies nouvelles. C’est ainsi que Manès notamment, à la fin du Ille siècle, se proclamera à son tour le Paraclet et fondera une religion, le manichéisme, qui est un syncrétisme de mazdéisme, de bouddhisme et de christianisme.
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122 — Les miracles de la glossolalie
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Le parler en langues a-t-il cessé ?
Le don le plus commenté attribué à Montan, Maximilla et Priscilla est la glossolalie ; c’est à dire le pouvoir de parler des langues étrangères qu’on n’a jamais apprises, avec souvent cette caractéristique particulière, que le locuteur ne sera pas compris et même qu’il ne comprend pas ce qu’il est en train de dire lui-même.
« Il ne parle pas aux hommes, mais à Dieu. Personne ne le comprend, son esprit énonce des choses mystérieuses » (I Cor. XIV, 2). Si bien qu’à ce « don des langues » il faut associer un don d’interprétation qui consiste à traduire ce discours, proféré « en langue ». Les signifiants sans connaissance de leurs signifiés sont sans grand utilité communautaire, d’où la supériorité des pouvoirs mieux orientés vers le Service : spécialement le don de prophétie ainsi que le soin des pauvres et des malades, la capacité d’administrer temporellement les églises, la connaissance des mystères, c’est-à-dire les paroles de sagesse, les paroles de science, la vocation d’enseigner.

Voilà une question intéressante, âprement débattue par des théologiens de toute tendance ! Billy Graham affirme que rien dans la Bible n’évoque la cessation du don des langues. Donald Gee écrit que la Bible prouve, avec force, « que nous devons compter sur les dons spirituels jusqu’à la fin du monde actuel ». Les nombreux témoignages des charismatiques abondent en faveur du maintien de ce don.
En fait, tous les dons ont un caractère temporaire. Ils cesseront un jour. Nous ne conserverons que la foi, l’espérance et l’amour lors de notre passage dans le monde à venir (1 Cor. 13.8-13). La véritable question concerne le moment de la cessation, « quand cessera tel don ? »
Il ne faut pas être surpris de la disparition d’un don. Certains ont existé puis disparu. Dieu a parfois revêtu un homme de dons spirituels nécessaires à une situation, sans que ce don ait été maintenu au cours des siècles. Le don « d’artisan » pour la réalisation du tabernacle et de l’arche était une capacité surnaturelle conférée entre autres à Betsaleel (Ex. 31.2-3). Dieu l’avait rempli de l’Esprit pour le qualifier pour sa tâche. Trouve-t-on ce don dans le Nouveau Testament ? Non, parce qu’il n’est plus utile (les croyants forment le « Temple de Dieu » et rien de terrestre n’est nécessaire à leur adoration). La force surnaturelle dont fut revêtu Samson était temporaire. Le don d’apôtre n’est pas perpétuel, il appartient à la période de fondation de l’Eglise (voir le fondement prophétique de l’Eglise et le rôle unique des apôtres). Que Dieu donne à son peuple ce dont il a besoin à un moment déterminé doit nous remplir de joie. Dieu nous qualifiera toujours pour les oeuvres qu’il a préparées d’avance. Que Dieu ne donne plus à son peuple des dons inutiles doit aussi nous remplir de joie et d’humilité. C’est que nous n’en avons plus besoin.
Quant aux langues, je crois que les Ecritures enseignent qu’elles avaient un caractère temporaire, et qu’elles n’ont plus raison d’être. Examinons dans les Ecritures ce qui étaie cette conviction.
Que les langues aient déjà cessé serait compatible avec la finalité de ce don.
La nation d’Israël a été jugée pour avoir refusé son roi. Le déferlement romain de 66 à 70 conduisit Israël au pire exode qu’il connût. Le témoignage du jugement n’a donc plus aucune raison d’être.
Cela ne veut plus rien dire pour un Juif que d’entendre les merveilles de Dieu dans une langue autre que l’hébreu...
D’autre part, ne véhiculant pas directement une information propre à construire l’Eglise, la valeur de témoignage des langues devait prendre fin dès que l’Evangile dépasserait le cadre Juif pour atteindre Rome. Une fois la nouvelle dispensation bien engagée, on se demande quel aurait été l’utilité d’un tel signe.

 Pour Augustin le parler en langues était l’expression visible de ce changement d’économie : un seul peuple désormais formé de Juifs et de païens. Il écrit :
 « C’est comme symbole de cette union que les premiers disciples sur lesquels l’Esprit est descendu ont parlé les langues de tous les peuples. Ce sont les langues, en effet, qui servent à établir l’union entre les différentes sociétés humaines. Il était donc juste que cette société des enfants de Dieu et des membres de Jésus-Christ qui devait embrasser toutes les nations, fût figurée par les langues de tous les peuples ».
Cette transition s’est accomplie vers la fin du premier siècle. Le parler en langues n’a plus de raison d’être aujourd’hui.
 La plus belle description d’amour authentique est insérée au milieu de deux chapitres sur les dons spirituels. Dans le 12ème chapitre de 1 Corinthiens, Paul souligne l’égoïsme de ceux qui se disaient spirituels, car ils vivaient leur don en dehors du bien-être du Corps. Dans le 14ème, il démontre la supériorité des paroles intelligibles sur les langues (hors interprétation). Dans ce contexte, le 13ème chapitre invite le lecteur à comprendre que l’amour doit faire l’objet d’une recherche bien plus zélée que celle des dons.
L’amour dépasse toutes les barrières temporelles à l’inverse des dons qui sont des tuteurs nécessaires mais temporaires. « On cessera de prophétiser, de parler en langues, mais non d’aimer » écrit Godet.
Il y a trois indications sur les moments de cessation des dons. La première fait référence à « ce qui est parfait ». Deux dons seront abolis par la « venue du parfait » : les prophéties et la connaissance (1 Cor. 13.8). A quelle date correspond « la venue du parfait » ? Beaucoup croient discerner une anticipation de l’établissement du canon du Nouveau Testament.
« Lorsque, après avoir été transmise oralement, la totalité du canon se trouva consignée par écrit, l’Eglise fut alors en possession d’une révélation aussi complète que parfaite, capable de répondre aux besoins du premier siècle comme à ceux des âges à venir. Les dons temporaires cédèrent alors la place à ce qui est parfait » écrit un commentateur du Nouveau Testament. Ce point de vue met en valeur la perfection et la suffisance des Ecritures. Elle a l’inconvénient de rendre cette subtilité peu compréhensible au lecteur de Corinthe. Comment les Corinthiens auraient-ils pu comprendre la canonisation future d’un ensemble de lettres ? D’autres voient dans la venue du « parfait » la vision claire, mûre, « parfaite » qui sera notre lorsque le Seigneur inaugurera les nouveaux cieux et la nouvelle terre (voir Ap. 21-22). Si c’était le cas, c’est le Seigneur qui abolira ces dons. Il est vrai qu’à l’aube de l’éternité, notre compréhension sera rendue parfaite.
La deuxième indication chronologique au sujet des langues nous est donnée par le verbe « cesser ».  Pourquoi Paul utilise-t-il deux termes différents ? S’agit-il d’un simple effet de style ? Si la fin de la connaissance et de la prophétie est due à un agent extérieur (abolir est au futur passif), la fin des langues est décrite par un verbe grec au futur moyen, ce qui, généralement, implique que le sujet fait l’action de lui-même. En d’autres termes, on pourrait traduire : « Les langues s’éteindront d’elles-mêmes ». Aucune indication de date n’est attachée à cette remarque. Les langues cesseront entre le moment où Paul écrit et la venue du parfait. Quand ? Si Paul cherche à établir un contraste net entre prophétie et langues, il établit une distinction entre la fin bien ultérieure de la prophétie (et il prépare ainsi son argumentation du chapitre 14 sur la supériorité de la prophétie) et celle rapide des langues, qui s’arrêteront d’elles-mêmes.
 La troisième indication est fournie par l’analogie entre les dons et la maturité d’une personne. Il est des choses dont un bébé a besoin qui ne sont pas utiles à un adulte. La venue du parfait correspond à l’apothéose du plan de Dieu. Les routes qui y conduisent ne seront pas toujours faites du même matériau. Godet écrit :
« La comparaison même dont se sert l’apôtre au v.11 peut aisément conduire à l’idée d’une métamorphose graduelle qui s’opérera dans leur mode de manifestation. Car le parler de l’enfant, sa manière de sentir et de raisonner, ne font pas subitement place aux facultés analogues de l’homme fait ; le changement s’opère à ces trois égards insensiblement et progressivement ».
 Dans cette allégorie entre la croissance d’un enfant et le plan de Dieu, l’apôtre ne montre-t-il pas que les langues joueraient le rôle de premier tuteur ?

En résumé, 1 Cor. 13.8-13 indique la temporalité des dons. Les langues s’arrêteront un jour d’elles-mêmes sans que ce jour ne soit nécessairement attaché à la venue du « parfait ». Enfin, le terme employé indique qu’elles ne reprendraient pas après avoir cessé. L’histoire montre que le don des langues a cessé. Avant le pentecôtisme du début de ce siècle, la glossolalie ne se rencontre que dans des mouvements en marge du christianisme, comme le montanisme, ou bien parmi les Jansénistes, les Shakers, et les Irvingiens.
D’Ardabau à Pepuza, aux frontières de la Phrygie et de la Mysie, Montan parlait en langues et prophétisait. Deux femmes, Priscille et Maximille, qui l’avaient rejoint, parlaient également en langues.
« Il y a, dit-on, en Mysie, sur la frontière de Phrygie, un bourg appelé Ardabau. C’est là, à ce qu’on raconte, que tout d’abord un des nouveaux fidèles nommé Montan, alors que Gratus était proconsul d’Asie, ouvrit à l’ennemi l’accès de son âme par suite d’une ambition démesurée des premières places.
Agité par l’esprit il devint soudain comme possédé et se mit, dans ses transports, à parler, à prononcer des mots étranges et à prophétiser d’une manière tout à fait contraire à l’usage traditionnel que garde la succession de l’ancienne église ».
(Eusèbe de Césarée Histoire ecclésiastique 5,16,7 pages 47-48 Gustave Bardy éditions du Cerf Paris 1955)

Les autres voient le même Montan revivre les charismes de l’Esprit :
« (ce fut une ) tentative pour ramener à l’état de vie charismatique, le christianisme universel »
(Précis de patrologie, Berthold Altaner, page 109, édition Salvator et Casterman, Mulhouse 1941)
« (il) se mit à prophétiser en extase, agité par l’Esprit »
(Histoire du christianisme des origines à 250, tome 1 montanisme page 523, Desclée édition 2000)
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123 — Le Charisme par Dr Bernard Auriol.
(article paru dans le Dictionnaire de l’Esotérisme, PUF, 1998)
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Ce terme vient de la racine grecque « char » qui signifie briller. D’où « charis » : grâce, faveur, don. Les trois « Charites », ou trois « Grâces », président à la joie, la beauté et rendent doué pour toutes sortes de réalisations artistiques ou culturelles. L’une d’elles fut l’épouse d’Héphaïstos, le Forgeron boiteux, symbole de l’habileté technique.
La notion de charisme chrétien est due à St Paul dans plusieurs de ses Epîtres ce qui lui a valu d’être surnommé le cinquième évangéliste : l’évangéliste du St Esprit. On trouve en effet, aussi bien dans l’épître aux Ephésiens que dans l’épître aux Romains et surtout dans la Première aux Corinthiens (Rm. XII, 6-8; I Cor. XII, 7-10; I Cor. XII, 28-31; Eph. IV, 11; Eph. I, 6), de nombreux passages qui se réfèrent à des « charismatas ». Le groupe de Corinthe notamment en est très agitée avec une intensité émotionnelle et une inspiration qui semblent assez proches de certaines pratiques du culte païen (I Cor. XII, 2).
Saint-Paul cite aussi le charisme de la foi, la faculté de guérir, le pouvoir de faire des miracles, le discernement des esprits (déterminer si un fait merveilleux est d’origine humaine, divine ou diabolique), le don de prophétie (qui est un don d’édifier, de consoler, d’exhorter, mais aussi de pénétrer le secret des coeurs, le secret des consciences et de prédire l’avenir). Par exemple, Agabus annonce une famine qui, de fait survint entre 46 et 48. C’est également lui qui prédit à Paul qu’il serait fait prisonnier à Jérusalem, ce qui arriva en effet (Ac. XXI, 10-36).
Cette efflorescence de miracles et de prodiges n’a pas connu un très grand développement, au moins dans le cadre de ce qui allait devenir l’église catholique. Ceci d’autant plus que les courants à tendance iranienne qui cultivent le don des miracles et de la magie sont durement suspectés de diabolisme (Simon le magicien, Bar-Jésus, Theudas)... Les éphésiens jusque là, épris de magie, brûlent leurs livres en public (Ac. XIX, 19). Cependant St Irénée parle de frères qui ont des charismes prophétiques et, par la vertu du Saint-Esprit, parlent en toutes sortes de langues. En vue d’être utiles, ils manifestent les secrets des hommes et interprètent les mystères de Dieu. Dans un autre passage il indique la prescience des évènements futurs.
Montan se prétend doué du charisme de prophétie : en fait ses disciples le suivront avec enthousiasme dans cette voie et le montanisme peut-être identifié à une explosion de prophétisme.
Tertullien fait état d’une soeur qui a le charisme des révélations. Elle les reçoit en esprit pendant ses extases; elle lit dans les coeurs, elle prescrit des remèdes aux malades.
On doit rapprocher ces données de ce qu’écrit Philostrate dans sa vie d’Apollonius de Tyane. Il dépeint ce dernier comme un pythagoricien idéal, végétarien qui adore le soleil, prédit l’avenir, chasse les démons, ressuscite les morts, se transporte instantanément d’un lieu en un autre comme les brahmes de l’Inde dont il s’inspire.

St Justin, dans son apologétique, prouve ou croit prouver, la véracité du christianisme par la prophétie juive du Messie que Jésus aurait accomplie intégralement. Cependant, pour être accessible à son argumentation, il est nécessaire, il le reconnaît et il le proclame, d’avoir une grande grâce de Dieu ! « Demande avant tout, dit le vieillard à Justin, que les portes de la lumière te soient ouvertes, car nul ne peut voir ou comprendre ces choses si Dieu et son Christ ne lui en fait la grâce ».
Pour Justin les guérisons opérées par le Christ et ses disciples ne sont pas d’ordre magique ; elles ont une signification spirituelle et se différencient par là de celles qu’on peut attribuer aux gnostiques (tel par exemple Marc), et même aux démons.
L’exorcisme chrétien manifeste également la domination du bien sur le mal et de l’erreur sur la vérité. St Jean Chrysostome [Hom. in I Cor. XXIX, 1 (LXI, 239)] remarque, comme bien d’autres après lui, que les charismes déployés abondamment après la Pentecôte ont semblé s’épuiser très rapidement. Il a pensé qu’on pouvait expliquer ce fait par la nécessité pour l’église primitive d’avoir un soutien divin plus spécial à ses efforts missionnaires.
Cependant l’idée que les charismes continuent à se manifester n’a jamais quitté l’Eglise et on en retrouve la résurgence très abondamment dans l’hagiographie, spécialement en ce qui concerne les saints fondateurs d’ordres religieux.
Les ermites orientaux sont réputés avoir acquis par leur sainteté les charismes des prophètes et des apôtres. Rufin leur attribue le discernement des esprits, le pouvoir sur les démons, la résurrection des morts, des révélations concernant le monde céleste, des prédictions concernant l’avenir ainsi que la capacité de lire dans la pensée d’autrui.
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124 — Saint-Montan
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Tout au début de la plus ancienne « Vie de Saint-Rémi », il est fait mention d’un Montanus quidam monachus, qui aurait prédit à Célinie, mère du grand évêque de Reims, la naissance d’un fils puissant en œuvres et en paroles. Henschenius remarqua que, dans le martyrologe d’Usuard publié par Molanus, ce moine figurait au calendrier de Laon le 17 mai.
Nombreux sont les témoignages de culte en l’honneur de Saint-Montan à la cathédrale Notre-Dame de Laon. La fête du saint est ainsi marquée dans les martyrologes laonnois, au 16 des kalendes de juin (17 mai) : Lauduno Clavalo, translalio sancti Montani monachi. La plus ancienne mention se trouve dans un débris de martyrologe du XIle siècle; deux autres se rencontrent encore dans un fragment de martyrologe, du XIVe siècle, relié à la suite du précédent dans le même manuscrit, et dans un martyrologe complet datant du XIIIe siècle. C’est à un de ces martyrologes que se rattache, directement ou indirectement, l’addition insérée par Molanus à la même date dans sa 2e édition d’Usuard; les termes sont à peu près identiques. Les autres témoins d’Usuard, par contre, ont puisé ailleurs leurs renseignements. L’Hagenauensis (1412) contient, au 11 mai, la notice suivante : Item Remis, sancti Montani monachi prius caeci, per lac Eyliniae (lire : Cyliniae) matris sancti Benigni (lire : Remigii) restituti. Malgré la différence de jour — erreur sans doute de quelque copiste — l’allusion à Célinie et à la guérison miraculeuse prouve qu’il s’agit bien de notre Montan. Si l’on peut également l’admettre pour la mention du martyrologe de Greven, il est permis d’en douter pour celle qu’on lit dans l’Altempsianus.
Le plus ancien calendrier survivant qui mentionne la fête de Saint-Montan est du XlIe siècle. On y lit, au 17 mai : translalio corporis S. Montani confessoris. Ces termes se retrouvent à peu près identiques, et toujours au 17 mai, dans d’autres listes liturgiques, provenant soit de missels soit de bréviaires à l’usage de la cathédrale de Laon et datant du XIIIe et du XIVe siècle.
Mentionnons ici également le témoignage de deux « Ordinaires de l’église cathédrale de Laon », attribués l’un à Lisiard (XIIe siècle), l’autre à Adam de Courlandon (XIIIe siècle).
Le rang qu’occupe Saint-Montan dans les litanies, récitées à Laon est assez significatif. Dans un cas, il suit immédiatement le nom de Saint-Rémi, dont, à ce qu’on rapporte, il prédit la naissance. Tout le prestige de l’ermite dérive indubitablement de cette particularité. Aussi le voyons-nous, dans un autre cas, prendre le pas, sur les SS. Béat et Génébaud, pourtant fort en honneur à Notre Dame de Laon.
Si Saint-Montan figure au propre de la cathédrale de Laon, c’est parce que son corps y a été transféré ; les anciens calendriers sont explicites et unanimes : translatio corporis sancti Montani. Cette translation remonterait au VIIIe siècle, ou même avant, selon les dires des Laonnois au XVIe siècle. Peu importe pour le moment. Il reste que la remarque d’Henschenius au début de son commentaire sur Saint-Montan se vérifie pleinement, du moins par rapport à la ville où naquit Saint-Rémi : « cultum sacrum S. Montanus hoc die nactus est quo eius corpus translatum ». 
Faute de plus amples renseignements, Henschenius fut bien obligé d’être aussi laconique à propos du culte de Montan dans le sud de la Thiérache. Mais il était mieux documenté sur la popularité du saint « in agro Lucemburgensi » , comme il écrit, entendez : dans la région de Montmédy. En effet, un confrère, Alexandre Wiltheim, « Vif antiquae historiae peritissimus » , jadis recteur du collège des jésuites à Luxembourg, lui avait fait rapport sur une petite enquête menée dans la région : « Intellexi in Aureavalle traditionem esse, S. Montanum, qui D. Remigii sanctitatis vates matri eius fuit, cellam habuisse inter Martis-villam et Montem-medium, in loco qui hodieque ibi extat, dictus a S. Montano, cultus a vicins ob miracula ibi edi solita. Addunt et reliquias quasdam esse in monasterio virginum Iuveniaci. » Cet endroit, appelé alors Saint-Montan et situé à mi-chemin entre Montmédy et Marville, se trouve près du village actuel d’Iré-le-Sec, dans le diocèse de Verdun.
Dans ces quatre lieux de culte que nous avons recensés — La Fère, Laon, Iré-le-sec et Juvigny — possédait-on quelques reliques du saint ermite ? Oui, et voici l’histoire de chacune d’elles. Une tradition immémoriale et toujours vivante rapporte que les restes de Saint-Montan reposent à La Fère. La présence du chapitre de Saint-Montan « dès (ou dès avant) le XIe siècle » , l’existence du pèlerinage « à la Fosse Saint-Montain » , le fait que Montan est le patron de la paroisse elle-même, étayent, peut-on dire, cette tradition.
Comme, d’après celle-ci, Montan termina ses jours à La Fère, le lieu d’origine de son culte fut naturellement aussi le premier à posséder ses reliques. Celle qu’on honorait à Laon, par contre, y fut transférée, et d’où l’aurait-elle été si ce n’est de La Fère, située à environ 20 kilomètres de là ? Nous savons même en quoi consistait le précieux dépôt dont s’enorgueillissait la cathédrale : le chef de Saint-Montan. Dans son recueil De miraculis S. Mariae Laudunensis, Herman, abbé de Sainte-Marie de Tournai, qui mourut peu après 1147, parle en effet d’un reliquaire, commandé par Hélinand, évêque de Laon, et contenant entre autres reliques la tête de Saint-Montan. Hélinand (= 1098) devint évêque vers 1052. Au milieu du XIe siècle, on conservait par conséquent déjà la relique à Notre-Dame de Laon. Plus tard, des bréviaires laonnois y font allusion, par exemple, celui de 1693 : « Sanctum autem caput in sacrario Laudunensi asservatur » , et, à peu près dans les mêmes termes, celui de 1748. Mais plus aucune relique de Montan ne figure dans la brochure intitulée Translation solennelle des reliques en l’église cathédrale de Laon le Dimanche 12 juillet 1885, où sont énumérées celles que la cathédrale parvint à récupérer vers la fin du siècle précédent. Avec maints autres restes sacrés, le chef de Saint-Montan disparut du trésor de Notre-Dame à la suite de pillages sacrilèges lors de la Révolution française.

L’ermitage d’Iré-le-Sec, compris dans le fief de Saint-Montan, ne possédait aucune relique de son patron au XVIIe siècle; c’est du moins ce qu’assure Henschenius, qui prit ses renseignements à bonne source.
Le chanoine Souplet nous écrit encore : « Actuellement l’église d’Iré-le-Sec possède une belle relique de Saint-Montan (une côte flottante).
Elle fut sans doute apportée là au siècle passé. Nous lisons, en effet, dans le Bulletin paroissial de Saint-Martin de Laon de l’année 1909 qu’en 1866 on a pu détacher du corps de Saint-Montan, conservé à La Fère, « un petit ossement en faveur d’Iré-le-Sec, près Juvigny ».  Ainsi que jadis celle de Laon, la relique d’Iré provient donc de La Fère. On voudrait pouvoir en dire autant de celles qui étaient autrefois vénérées à Juvigny. Henschenius suppose qu’avant le XVIIe siècle, les chanoines desservant la collégiale de Saint-Montan, remplacée plus tard par un ermitage, avaient probablement possédé des reliques de leur patron, mais les avaient cédées à l’abbaye de Juvigny « maioris reverentiae causa ».  A première vue, il peut en effet paraître étonnant que, tout au début, ce chapitre n’ait pas prétendu détenir quelques reliques du saint dont il avait à perpétuer la glorieuse mémoire. Malheureusement, rien ne plaide en faveur de cette hypothèse. La bulle de 1096 ne souffle mot de reliques, ni à Iré, ni à Juvigny. Au XVIIe siècle, le monastère affirmait cependant en avoir. La chose, d’ailleurs, a trouvé écho dans les leçons liturgiques : « huius sancti pignora Ecclesiam… Iuviniacensem sanctimonialium possidere traditio est » , dit le bréviaire laonnois de 1693. A la Révolution, l’abbaye fut pillée et ruinée. Que devinrent les reliques ? Furent-elles dispersées ou recueillies par des mains pieuses ? « De nos jours, écrit le chanoine Ch. Cerf, les fidèles de Juvigny ont conservé ces vieilles traditions (d’honorer Saint-Montan) et vénèrent encore ce qui leur reste, la mâchoire enfermée dans un riche reliquaire. » Sont-ce les reliques qui étaient conservées à l’abbaye ou d’autres que possédait déjà la paroisse sous l’ancien régime ? Entouré d’un culte liturgique à la cathédrale de Laon et bénéficiant sans doute par ricochet de la popularité de Saint-Rémi, Montan a également été honoré dans le diocèse de Laon. Il est moins probable qu’on ait vénéré de ses reliques ailleurs que dans les quatre lieux de culte énumérés. Le privilège dont se paraient ces derniers s’explique par les rares particularités de la vie de notre ermite que l’histoire nous a léguées. Elles doivent retenir maintenant notre attention.
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QUI ÉTAIT SAINT-MONTAN ?
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On perçoit les premiers échos des faits et gestes de notre saint dans la fort ancienne Vita Remedii (BHL. 7150) :
Hic itaque [Remedius] primis ortus natalibus parentum nobilitatc fulgebat, quem divina pietas non solum priusquam nasccrctur sed antequam conciperetur eIcgit, in tantum ut Montanus quidam monachus, dum se levissimo soporc quiesccret, tertia fuisset admonitionc pulsatus, uti et matri suae bencdictae Caeliniae quod masculum conccptura esset veredica relatione praedicaret et nomen eius vel mereta designaret. Quod illico implevit imperio et fecundissimae genetricae concepturae sobolis gaudia ilontiavit. Illa vero sicut fidei credulitate non apparuit dubia, ita susccpit in parto quod praescierat in utero : baud morosa extitit vel incerta, felicissimum pignus secura protinus ededit quod prius corde concepit.
Vers 878, ce texte est repris, avec de nombreux enjolivements, par Hincmar, au début de sa Vie de Saint-Rémi (BHL. 7155).
Montan vivait en anachorète, faisant alterner veilles, jeunes et prières. Devenu aveugle, ses « visions » de plus en plus fréquentes n’en étaient que plus fortes. Prédictions, révélations concernant le monde céleste, communion avec l’Esprit pendant laquelle il prononçait des mots étranges et prophétisait, le rapprochait étrangement du montanisme, encore très vivant à cette époque.
Etait-il lui même le Paraclet ?
Aucun texte ne permet de l’affirmer ; mais ce qui est certain c’est qu’il prit le nom de Montanus et que c’est sous ce nom là qu’il réalisa les prophésies qui firent sa popularité.
Il communiquait fréquemment avec le monde des anges. Ayant une nuit prolongé sa contemplation jusqu’à l’aurore, il s’était, accablé de fatigue, laissé envahir par un léger assoupissement. Des harmonies célestes le réveillèrent : il se vit entouré d’anges et de bienheureux, dialoguant entre eux sur l’état lamentable dans lequel gisait l’Église de Gaule.
A ce moment, sortie d’un coin mystérieux, une voix, à la fois puissante et infiniment suave, se fit entendre : « Le Seigneur a vu la triste situation de son Église, il en, a entendu les gémissements. Célinie concevra et enfantera un fils, Rémi, par qui il ramènera la ferveur ». Montan comprit également qu’il aurait à transmettre ce message à l’intéressée.

Célinie n’était point stérile, continue Hincmar, puisqu’elle avait conçu de son mari Eunulius un fils nommé Principius, oncle de l’évêque Lupus. Cependant, quand Montan vint la trouver, elle était déjà bien avancée sur le second versant de sa vie, tout comme son mari. « Comment voulez-vous, s’exclama-t-elle, que nos corps desséchés et refroidis conçoivent encore un nouvel être ? » — « Quand vous allaiterez votre fils, reprit l’ermite, il répandra une goutte de votre lait sur mes yeux et leur rendra la vue. » Montan était, en effet, devenu aveugle, « ut merita illi adcrescrent », explique l’hagiographe. L’enfant vint au monde et, comme son prophète l’avait annoncé, il lui rendit miraculeusement la vue.
Ce double miracle, celui de la naissance de l’illustre évêque, de parents trop agés pour concevoir, et la guérison de ce dernier par l’enfant encore incapable d’appeler ses parents, attira tant de foule que le moine solitaire chercha refuge dans une retraite absolue pour y prier Dieu, loin des hommes. Montan trouva la solitude en Bas-Vivarais, dans une petite grotte du Val-Chaud impossible à atteindre par les non-initiés. Cet ermitage située dans les gorges de la Sainte-Baume, à l’ouest du village actuel de Saint-Montan, est connue sous le nom de « grotte de l’ermite ». C’est ici que Saint Rémy, accompagné de l’évêque de viviers, vint le saluer et le supplier de fixer sa demeure en un lieu moins inaccessible. Le second établissement du pieux solitaire fut au bord du ruisseau ; l'église de « Saint-Saint-Montan » en occupe la place. Au bout de quelques années, Montan, importuné à nouveau par les pèlerins qui accouraient en nombre pour le voir, repartit pour la Fère, où il mourut.
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2 — Le Pentecôtisme
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Depuis Montan qui fut le premier à parler en langues sous l’inspiration de l’Esprit Saint, cette théologie n’a jamais totalement disparu.
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21 — Le Mouvement de Pentecôte
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La première Pentecôte, c’est Luc, l’évangéliste inspiré par l’Esprit de Dieu, qui nous la raconte. Il donne un récit suivi et authentique des évènements vécus par des témoins oculaires devenus ministres de la Parole. Il nous raconte aussi les Pentecôtes successives de Jérusalem, de Samarie, jusqu’à Ephèse.... Depuis cette époque, le Pentecôtisme s’est étendu dans le monde entier en dépit d’une grande opposition.
Des phénomènes pentecôtistes se sont souvent manifestés lors des réveils spirituels.
Les périodes de troubles, d’insatisfaction (quant à la vie d’église) font rechercher un retour à la vie chrétienne primitive, donc à la Bible. Ce qui conduit à des manifestations de glossolalie et autres charismes de l’Esprit associés à une piété fervente et souvent millénariste ; et cela s’accompagne toujours de sainteté et de consécration. Seules la tiédeur et l’incrédulité ont éteint ces manifestations en les réduisant à de simples émotions naturelles et mystiques.
Bien avant les débuts officiellement reconnus du Mouvement de Pentecôte moderne, plusieurs ont témoigné de cette expérience spirituelle du parler en langues, semblable à celle des premiers chrétiens (Pierre, Paul, etc, dans les Actes des apôtres), la Didaché en parle, ainsi que Clément de Rome, Irénée, puis Montan (en 180), Tertulien (en 200) ; Jean Chrysostome et Augustin en parlent positivement (en 400) ; les Vaudois, les Albigeois (du 12ème au 15ème siècle), les Jansénistes les Quakers, les convertis de Wesley, les Protestants persécutés des Cévennes, les Camisards (au 17ème siècle), Finey, Moody (au 19ème siècle)...
Wesley, Booth et d’autres ont affirmé publiquement leur approbation à ce sujet, de même que nos contemporains. K.Barth, Daniel Rops, …
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22 — Naissance du Pentecôtisme moderne
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Parham fonde une école biblique à Topeka (Kansas) pour sonder les Ecritures et obéir à chaque commandement de Jésus.
Le 31/12/1900 : première expérience de glossolalie dans cette école (les langues inconnues de leur auteur sont identifiées par des professeurs de langues) ; cette seconde expérience était considérée comme le couronnement de celle du salut, elle fut bien vite identifiée comme conséquence du baptême dans le Saint Esprit, à l’instar de Pierre (Actes 10/45 à 48) qui cite Jean Baptiste et Jésus. « Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu » (Mt 3-11, Actes 1/5 ; 11 / 16)
1904 : l’Esprit de Dieu visite le Pays de Galles (Evan Roberts) : certains se moquaient, d’autres se convertissaient. D’autres encore désiraient une extension géographique mondiale de ce mouvement spirituel de sainteté et de miracles (guérisons, glossolalie, etc ... ) et imaginaient un retour au christianisme apostolique dans toute sa puissance et sa beauté primitives.
1906 : rue d’Azusa, à Los Angeles, en Californie, l’attention du public et des visiteurs du monde entier est attirée par ce qui s’y passe.

Sans aucune publicité (si ce n’est le témoignage individuel enthousiaste) il venait des gens de toutes classes sociales, de toutes races, de toutes dénominations, qui fraternisaient en Christ et repartaient dans leurs églises avec le message du baptême dans le St Esprit.
La presse, toujours avide de sensationnel, aida par ses critiques à propager la nouvelle du baptême dans le St Esprit manifesté par le parler en langues.
1907 : L’Amérique du Nord, le Canada, la Norvège, les Îles Britanniques, la Suède, la Hollande, I’Allemagne, l’Afrique anglophone, l’Inde, ... simultanéité d’un Mouvement issu d’une soif de Dieu préparée en divers lieux, dans diverses dénominations, par la prière pour un réveil.
1908 : la Chine, le Tibet, l’Australie, Sicile, Italie ... : en 2 ans le mouvement est implanté dans 50 pays.
1909 : le Chili
1910 - 1914 : Grèce, Afrique du Sud, le Congo, l’Afrique, Brésil.
1911 : Russie.
1912 : Grande Bretagne : une forte attente du « retour prochain du seigneur » influençait la vie, le comportement personnel et social. Le constant souci missionnaire s’accompagnait d’une forte générosité, de consécration et de vocations...
1914 : première « Assemblée de Dieu » à Hot Springs, en Arkansas.
1916 : Eglise Apostolique.
1918 : Alliance pentecôtiste Elim
1925 -1939 : Russie, Pologne, Etats baltes
1930 : France (Scott, Nicole), Belgique, Suisse, Afrique francophone...
1949 : première émission de radio à RMC.
1950 : réveil tzigane (Le Cossec) dont les assemblées furent ADD jusqu’en 1968, puis se séparèrent, adhérèrent à la FPF (la Metz) et créèrent une Action Missionnaire Internationale.
 Nées de la lecture des Ecritures, les églises pentecôtistes entendent vivre le christianisme apostolique dans sa spontanéité et sa puissance efficace. La dimension charismatique, c’est la nature de l’Eglise. L’expérience pentecôtiste ravive la vie spirituelle biblique.
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23 — La doctrine
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La doctrine c’est l’Ecriture dont la connaissance s’affine au cours des années pour donner un corps de vérités fondamentales de références : la Parole de Dieu maintient le chrétien dans une foi vivante...
Jésus-Christ en est le thème central. C’est sur la base de la foi en la personne de Jésus le Fils de Dieu qu’est le « salut » et tout ce qui en découle :
- Nécessité de la repentance et de la rencontre personnelle avec Jésus.
- Foi en l’intervention de Dieu.
- Amour fraternel et découverte du prochain : zèle du témoignage (accueil, joie, liberté, partage).
Les réunions pentecôtistes sont très diverses, sans liturgie, libres, mêlant fraternellement blancs et noirs, femmes et hommes, beaucoup de gens du petit peuple, chacun pouvant prendre librement la parole à l’occasion de la prière ou de la prophétie.
Si les autres mouvements sont associés à un fondateur (Réforme = Luther, Méthodistes = Wesley, Armée du Salut = Booth ... ), le mouvement de Pentecôte ne doit pas son origine à quelques personnalités remarquables, mais ce fut un réveil spontané, aucune personnalité ne l’a fait, les leaders n’en sont que les produits : ils n’ont pas fait le Mouvement, c’est le mouvement qui les a faits (Parram Seymom, Mme Mc Pherson, Barirat, Boddy, Roberts, Petrhus, Gordon, Wiggles-Worth, Jeffreys, Carter, Squire, Gee, Scott ... autant de personnes venues d’horizons religieux différents : salutistes, baptistes, méthodistes, épiscopaliens, anglicans, darbystes, réformés, etc...).
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24 — Bases bibliques
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Le Pentecôtisme prend en compte l’héritage biblique des Apôtres, des Pères, et de la « Réforme » :
La BIBLE, toute la BIBLE, rien que la BIBLE : la grâce seule..., la foi seule..., l’Ecriture seule..., à Dieu seul la gloire (liberté et responsabilité individuelles face à Dieu)...
L’Eglise c’est un Corps formé d’individus libres qui trouvent leur liberté et leur vie dans leur fonction particulière au sein du corps.
Le Seigneur Jésus-Christ sauve, guérit, baptise du St Esprit et revient en Roi de gloire. A propos de ce dernier point, la foi en un avenir différent et meilleur, garanti par la résurrection de Jésus, transforme la façon de vivre le présent.
Le Pentecôtisme, c’est une expérience dont on peut constater les effets dans le cœur et la vie personnelle. Car tout l’être est concerné par la régénération (I Thessaloniciens 5), même le corps qui est le média d’un évangile pratiqué, la langue étant le révélateur du cœur. (« Offrez vos corps... » Romains 12)...
En effet, être pentecôtiste ne se conçoit pas sans être un pratiquant, car l’homme est corps tout autant qu’esprit (et il s’agit là non seulement de la guérison, mais aussi du comportement individuel, religieux, familial, social, civique, éthique ... )
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25 — Le renouveau
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Alors que vers 1940 on dénombrait en gros 560 millions de chrétiens sur la planète, dont à peine 4 millions de pentecôtistes ou charismatiques, David Barett fit sensation en 1980 en affirmant un nombre de 50 millions de pentecôtistes.
En 1996, sur les 2 milliards de chrétiens (orthodoxes, catholiques et protestants) qui représentaient le tiers de la population mondiale, 500 millions affirmaient être pentecôtistes charismatiques (400 millions selon Le Monde du 22.12.95)
Le renouveau pentecôtiste charismatique a connu une croissance pour le moins surprenante ces 25 dernières années. Alors qu’il représentait à peine 0,7 % de la chrétienté de 1900, ils en représente environ 25% en 1996. Certains estiment qu’il atteindra 33% en 2025.
 Selon l’américain Harvey Cox, auteur en 1998 du « Retour de Dieu », le pentecôtisme sera la religion du XXI° siècle.
Ce renouveau spirituel s’exprime sous les appellations de « renouveau », « pentecôtiste », « charismatiques », ou, à Paris depuis 1950, les églises de Pentecôte.
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Bibliographie
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Dictionnaire de spiritualité, Beauchesne, 1980)
Dictionnaire d'histoire ecclésiastique, Beroud Genève édition 1884 )
Histoire de l'église depuis les origines jusqu'à nos jours, de la fin du II° siècle à la paix constantinienne,  Bloud & Gay édition 1935)
Oeuvres complètes de St. Augustin, trad. et ann. de Péronne, Vincent, Ecalle, Charpentier et Barreau, Paris : Louis Vivès), Vol.XVI, 1871, pp. 519-520.
Dr Bernard Auriol.
(article paru dans le Dictionnaire de l'Esotérisme, PUF, 1998)
Gustave Bardy, éditions du Cerf Paris 1955
James Boyer, Etudes sur la première épître aux Corinthiens, (Villeurbanne : Editions CLE, 1986)
Patricia Briel
Paul-Louis COUCHOUD, "Histoire de Jésus" (P.U.F., Paris, 1944) ; Guy FAU, "Le Puzzle des Evangiles" (Ed. rat., Paris, 1970)
Desclée édition 2000
E.R. DODQS, "Païens et chrétiens dans un âge d'angoisse" (La Pensée sauvage, Claix, 1979)Donald Gee, Les dons spirituels.
Frédéric Godet, Commentaire sur la première épître aux Corinthiens.
Billy Graham, Un Esprit qui rend fort, aimant, et réfléchi.
Joris-Karl HUYSMANS énumère ceux qui se manifestèrent au XVIIIe et au XIXe siècles.
Wilbert Kreiss ÉGLISES, COMMUNAUTÉS ET SECTES, par Dr. Wilbert Kreiss
Georges ORY, "Le Christ et Jésus" (Pavillon, Paris, 1968)
Elaine PAGELS, Gnostic Gospels, trad. en néerlandais par E. Verseput, De Gnostische Evanaeliën (Gaade, Amerongen, 1980).
Salomon REINACH, "Orpheus", tome Il, chap. IX, n° 21.
Louis ROUGIER, "Genèse des dogmes chrétiens" (A. Michel, Paris, 1972)
Lambert Roulland,  # (10) Jean Chrysostome, "Homélie XXXIV."
Louis TREGARO, "Panoramique sur le millenium"'(Cab'; L.Renan n° 93,janv.1976)
Joseph TURMEL "Histoire abrégée des dogmes" (Meta, Paris, n° 2, juin 1973).
Louis Vivès), Vol.XVI, 1871, pp. 519-520.








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Dernière mise à jour : 16 décembre 2009
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